Actualités
De la deeptech toulousaine à un Groupe du CAC 40 : IRDI Capital Investissement sort du capital de Syntony
En février 2026, Safran annonçait l’acquisition de Syntony GNSS, entreprise deeptech fondée à Toulouse et devenue en quelques années une référence européenne des technologies GNSS résilientes.
Derrière cette opération stratégique, il y a surtout une histoire entrepreneuriale construite sur plus de dix ans.
Premier investisseur de Syntony dès sa création, IRDI Capital Investissement a accompagné l’entreprise à chaque étape clé de son développement. Retour avec Joël Korsakissok, dirigeant et fondateur de Syntony, sur une trajectoire qui illustre aussi le rôle qu’un fonds régional peut jouer dans l’émergence de champions technologiques.

Joël Korsakissok, dirigeant et fondateur de Syntony
La rencontre entre Syntony et IRDI Capital Investissement
Syntony commence à prendre forme autour d’échanges initiés très tôt avec les équipes de IRDI Capital Investissement.
« Les premiers échanges ont eu lieu avant même la création de la société. À ce moment-là, nous avions besoin de partenaires capables de comprendre les enjeux technologiques et industriels du projet. »
Très rapidement, le rôle de IRDI Capital Investissement dépasse la question du financement. Pour une jeune deeptech industrielle, faire entrer un investisseur reconnu au capital apporte aussi de la crédibilité auprès de l’écosystème : partenaires, banques, futurs clients ou encore financeurs publics.
Une relation construite dans la durée
IRDI Capital Investissement participe au premier tour de financement de Syntony puis réinvestit lors du second tour.
Par la suite, les équipes restent fortement impliquées dans les grandes décisions stratégiques de l’entreprise. Joël Korsakissok souligne notamment le rôle joué par IRDI Capital Investissement dans l’entrée de nouveaux partenaires structurants, comme Bpifrance.
Au-delà du financement, l’accompagnement porte aussi sur la gouvernance, les process et la structuration de l’entreprise.
Construire une entreprise attractive sur le long terme
En dix ans, Syntony passe d’une équipe de 5 personnes à près de 70 collaborateurs.
L’entreprise développe progressivement une expertise unique sur les technologies GNSS résilientes, capables d’assurer un positionnement fiable dans des environnements complexes.
Mais pour Joël Korsakissok, la réussite d’une deeptech ne repose pas uniquement sur l’expertise technique.
« Beaucoup d’entreprises pensent qu’il suffit d’avoir une bonne expertise technologique pour devenir attractives. En réalité, ce qui intéresse aussi les grands groupes, ce sont des actifs tangibles : des produits, des brevets, des clients prestigieux, une présence internationale, une structuration solide. »
Très tôt, Syntony fait le choix de se développer à l’international et d’éviter une dépendance à un client unique. Cette stratégie contribue progressivement à positionner Syntony comme un acteur stratégique du Positioning, Navigation and Timing (PNT) résilient.
Préparer une sortie, un processus qui s’anticipe longtemps à l’avance
Une opération de sortie ne se déclenche pas du jour au lendemain. Chez Syntony, la réflexion démarre dès l’automne 2024.
« Lorsqu’on est aux commandes d’une entreprise, on a souvent le sentiment que ce n’est jamais tout à fait le bon moment pour lancer un processus de cession. On se dit qu’il vaudrait mieux attendre encore un ou deux ans, la signature d’un nouveau projet ou l’atteinte d’un prochain jalon. Avec le recul, il existe pourtant des fenêtres de tir favorables. Benjamin Lillo a beaucoup travaillé avec nous pour nous aider à nous projeter sur ce que Syntony pouvait devenir et à identifier le bon timing. »
Pendant près d’un an et demi, les équipes travaillent à préparer l’entreprise :
- structuration du dossier,
- préparation des éléments financiers,
- documentation stratégique,
- réflexion sur les acquéreurs potentiels,
- choix de la banque d’affaires.
Pour Joël Korsakissok, l’accompagnement de IRDI Capital Investissement a été particulièrement important sur cette phase.
« Le rôle du fonds ne se limite pas au financement. Benjamin nous a aidés à identifier la bonne banque d’affaires, avec la bonne dimension internationale et la bonne compréhension du secteur. C’est un point clé dans ce type d’opération. »
Un processus intense… et très humain
À partir de janvier 2025, le processus s’accélère.
Une banque d’affaires internationale est mandatée. Des dizaines d’acquéreurs potentiels sont approchés à travers le monde.
Pendant plusieurs mois, les équipes de Syntony enchaînent les phases de préparation, de due diligence et de négociation.
Dans cette phase particulièrement stratégique, Joël Korsakissok insiste sur la présence constante de Benjamin Lillo.
« Il n’y avait pas forcément de conseil miracle, mais Benjamin était présent pour nous aider à prendre les bonnes décisions. Cet accompagnement humain compte énormément dans ces moments-là. »
Très tôt dans le processus, Safran apparaît comme l’acquéreur le plus cohérent.
Une suite logique plutôt qu’une fin d’histoire
Pour les équipes de Syntony, le rapprochement avec Safran ne marque pas une fin, mais l’ouverture d’un nouveau cycle de développement.
« Safran ne rachète pas uniquement une équipe. Ils rachètent des technologies, des produits, des actifs stratégiques et une capacité d’innovation reconnue. »
L’intégration ouvre immédiatement de nouvelles perspectives commerciales et de structuration.
Plusieurs dizaines d’embauches sont déjà prévues.
Le site toulousain continue de se développer et devrait prendre encore davantage d’importance dans les prochaines années.
« Nous avions déjà engagé une forte dynamique de croissance avant l’opération. Avec Safran, cette dynamique change d’échelle. »
Un impact concret pour le territoire
Le rapprochement entre Syntony et Safran illustre aussi la capacité du territoire toulousain à faire émerger des entreprises technologiques reconnues à l’international.
Pour IRDI Capital Investissement, cette opération démontre qu’un investisseur régional peut jouer un rôle structurant dans la trajectoire d’une deeptech industrielle : de sa création jusqu’à son intégration dans un groupe mondial.
De plus, les opérations de sortie peuvent être aussi pensées comme des accélérateurs de développement industriel et de création d’emplois.
“Un fonds régional peut faire une vraie différence”
Avec le recul, Joël Korsakissok retient avant tout la qualité de la relation construite avec les équipes de IRDI Capital Investissement.
« Un fonds régional capable de comprendre les enjeux technologiques, de rester proche des dirigeants et d’accompagner les moments stratégiques peut faire une vraie différence dans la trajectoire d’une entreprise. »
Une trajectoire qui conduit aujourd’hui Syntony, entreprise née à Toulouse, à rejoindre l’un des plus grands groupes industriels français.

